Séléctionnez une extrait de nouvelle pour avoir un avant-goût du recueil Symbiose et autres nouvelles :

Extrait de Colonisation

Daryl ressentit une vague de douleur l'assaillir. Pas une sensation précise, localisée, mais une douleur brute, pure, qui avait pris possession de l'ensemble de son corps massif parcouru de spasmes...

Puis tout devint flou : tout ce qu'il ressentait se réduisit à un chaos de formes et de couleurs. Le rocher qu'il devinait devant lui se confondait avec le sol, s'y enfonçant et en surgissant dans un cycle sans fin. Son corps lui-même ne lui semblait plus avoir aucune consistance...

Le ciel s'abattit sur lui, puis tout disparut. Il ne percevait plus rien du monde réel, mais il avait acquis soudain une perception absolue de son propre corps. Il était devenu monstrueux, difforme : son dos s'était courbé, son cou avait raccourci, ses bras et ses jambes avaient acquis une puissance effrayante. Ses mains avaient presque disparu : il ne sentait plus que des doigts grossiers, dotés d'articulations nouvelles apparues comme par enchantement.

Une dernière fois, le monde changea autour de lui. Il courait dans un couloir, à une vitesse incroyable, et pourtant, à chaque coude que faisait le couloir, il anticipait chaque obstacle et l'évitait sans effort. C'était comme si sa perception s'étendait à ce qu'il ne pouvait voir, comme s'il avait acquis une certaine précognition.

Soudain, un mur apparut, surgi du néant, à quelques mètres devant lui. Daryl était pourtant sûr qu'il n'y avait rien là un instant plus tôt, et il n'avait plus le temps de s'arrêter. Quand vint le choc, il eut l'impression une fraction de seconde de ne plus faire qu'un avec le mur, qu'il était devenu le mur, puis tout disparut.